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 Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.



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HUMAN
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HUMAN

DATE D'INSCRIPTION : 23/08/2014
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MessageSujet: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:14


Tobias Glalstoff

   
Fiche d'identité d'un douanier.
NOM + Glalstoff. Il descend d'une famille blanche originaire d'Allemagne installée au Massachusetts au XVIIe siècle.
    PRÉNOM + Tobias. Il ne supporte pas qu'on le surnomme Toby ou Toto et préfère que l'on emploie son véritable prénom.
    DATE ET LIEU DE NAISSANCE + Le 31 décembre 1988 à Boston. Il est le premier de sa famille à s'installer à Kingsbury.
    ÂGE + 25 ans jusqu'à la fin de l'année. C'est plutôt facile à calculer.
NATURE + Humain. Il connaît cependant l'existence des créatures surnaturelles de par son travail. Depuis le gel, il est devenu invocateur.
    STATUT MARITAL + En couple, via internet. Il a laissé sa petite-amie à Boston et entretient avec elle une relation à distance qui, pour l'heure, fonctionne très bien.
    ORIENTATION SEXUELLE + Hétérosexuel.
    EMPLOI + Agent du Bureau of Customs and Border Protection spécialisé dans le trafic international de produits liés au surnaturel. Il a intégré ce service secret il y a trois ans, avant d'être transféré il y a deux à Kingsbury où les trafics semblent être particulièrement importants.


   

   
Je suis un agent secret.
Caractère d'un douanier.

   
PIECE OF MIND + Lorsqu'il revêt son uniforme, Tobias ressemble à n'importe quel douanier américain : aucun signe extérieur n'indique qu'il appartient à une section particulière du CBP, et pour cause. En revanche, lorsqu'il s'habille normalement, Tobias ressemble à n'importe quel citoyen américain. C'est pour cette raison qu'il a été choisi pour enquêter discrètement à Kingsbury. Tobias est capable de se comporter comme une personne tout à fait normale, généralement serviable, mais assez imbu de lui-même pour ne pas aimer se faire exploiter par les autres. Il est vrai que Tobias a une très haute opinion de lui-même. Le fait d'avoir un secret à cacher à la population locale lui donne l'impression d'être un homme important. Cependant, il n'est pas assez fou pour le clamer sur tous les toits : il se méfie particulièrement des créatures les plus dangereuses, les loups-garou, qu'il n'aimerait sous-estimer. C'est pourquoi Tobias a tendance à garder ses opinions pour lui, sauf, bien sûr, lorsqu'il s'énerve, mais c'est bien sûr à ses risques et périls.
   

    DROP OF BLOOD + Tobias dispose d'un sens de l'orientation supérieur à la moyenne, dans la mesure où il se perd très rarement. Évidemment, il ne s'agit pas d'un don naturel, mais du résultat d'un entraînement intensif dans le cadre de sa fonction de douanier. De même, s'il est sportif, Tobias le doit à son métier. Pour garder la forme et être capable d'intervenir en cas d'échanges frauduleux, il pratique la course à pied et un peu de musculation. Il lui arrive parfois de participer à des sports d'équipe lorsqu'un de ses amis a besoin d'un remplaçant. Tobias aimerait beaucoup que les super-héros existent : il n'est pas tout à fait attiré par leurs costumes ridicules, mais par la gloire que le titre apporte. Il est incollable sur tous les super-héros, même sur ceux dont vous n'avez jamais entendu parler. Il n'est pas rare qu'il cale son comportement sur celui de ses héros préférés, quitte à se montrer parfois trop téméraire.

   
Rieser
Le roi c'est moi


   
PRÉNOM RÉEL + Information secrète.
    ÂGE + Information secrète.
    RÉGION + Je suis originaire de la Lorraine, une région que je n'ai pas envie de quitter.
    DE QUELLE FAÇON AS-TU TROUVE LE FORUM + Par le bouche à oreille.
    QUE PENSES-TU DU FORUM + Il est classique, mais c'est une recette qui fonctionne, donc si cela permet au forum de ne pas être un kleenex, comment se plaindre ?
    DISPONIBILITÉ + Je ne la donne pas, car j'aime conserver une certaine flexibilité dans mon rythme de connexion.
    AUTRE CHOSE A DIRE + Ne faites pas attention à mon mauvais caractère : je suis plutôt gentille en fait..
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DATE D'INSCRIPTION : 23/08/2014
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:14


   
Le décret du destin
Tu seras un héros, mon fils.

   
On peut être jeune et avoir un long vécu derrière soi. Vingt-cinq ans, l'âge de l'apogée de nos capacités humaines, avant de voir celles-ci lentement s'engourdir sous le poids de l'âge, est l'âge que nous avons choisi pour débuter cette histoire. Ce fut en effet le début des plus grandes aventures de Tobias à Kingsbury. Mais il ne serait pas inutile de retracer le parcours par lequel le jeune douanier est passé afin de se faire une idée du type de personnage dont il s'agit.

L'enfance du héros
Le jour de la Saint-Sylvestre 1988 naquit Tobias Glalstoff, un petit garçon promis à un avenir comme les autres. Il suivit les différentes étapes de la vie de tout enfant. Il apprit tout d'abord à marcher, à parler et être propre ; puis l'école lui enseigna l'écriture et le calcul ; enfin, il passa son permis à seize ans et envisagea rapidement de quitter le parcours classique des adolescents pour devenir policier. Tobias ne vécut aucun événement particulier durant cette toute première période de sa vie.
Certains petits garçons se passionnent pour les voitures ou les jeux vidéos. Tobias, lui, trouva très vite sa passion : les super-héros. Puisqu'il était enfant, personne ne voyait cette passion comme une obsession de sa part, et pourtant, elle prenait une large part de la vie de ce petit héros. Tobias accumulait les bandes dessinées à l'effigie de ses héros préférés, remplissant ainsi des cartons entiers que ses parents finissaient par mettre au grenier pour lui laisser un peu de place dans sa chambre. Tobias connaissait leurs aventures par cœur et rêvait de pouvoir les revivre avec ses petits camarades de classe, mais ses parents voyaient d'un mauvais œil de le laisser jouer sur le toit des immeubles de Boston, en particulier s'il décidait qu'il était capable de voler d'un toit à l'autre s'il mettait une cape. Au lieu de cela, Tobias fut contraint d'inventer ses propres aventures, qui avaient pour particularité de pouvoir se jouer dans son jardin. Bien sûr, le petit garçon incarnait toujours le héros, malgré les protestations de ses amis. Ainsi, Tobias en vint à croire qu'il serait formidable de pouvoir être un héros. Mais puisqu'il était impossible de développer des super-pouvoirs ou encore des technologies permettant de pallier leur manque, Tobias comprit rapidement que pour être un héros, une autre voie existait. C'était celle qu'il emprunterait.
L'obsession de Tobias ne s'arrêtait bien sûr pas là. Non seulement se devait-il de connaître toutes les aventures vécues par les super-héros, mais en plus tenait-il à vivre entouré de ces mêmes super-héros. Tobias fit très certainement la fortune des grandes firmes de produits dérivés en achetant tout ce qui se rapportait à son univers fétiche. Ses vêtements représentaient toujours le dernier héros à la mode, tout comme ses affaires scolaires, les meubles de sa chambre ou encore son gâteau d'anniversaire. Et lorsque quelque chose à l'effigie des héros connus n'existait pas, il existait assez d'objets de super-héros pour contempler sa soif de produits héroïques : il possédait ainsi de très nombreux gadgets, plus esthétiques que véritablement pratiques, dont il n'hésitait pas à se vanter. Son stylo pliable en forme d'antenne rencontrait un franc succès auprès des autres enfants, par exemple ; de plus, Tobias était le garçon du quartier qui possédait le plus de costumes de super-héros différents. Il en revêtait un tous les dimanches, ou à chaque fois qu'une occasion d'en porter se présentait. Pendant quelques années, cette situation fut amusante pour son entourage, c'est pourquoi celui-ci l'encourageait. Mais alors que l'adolescence approchait, Tobias comprit que cette passion ne pourrait être plus aussi voyante. S'il ne perdit jamais le goût de la lecture des aventures de ses super-héros préférés, le garçon afficha ce goût avec plus de sobriété : finis, le mobilier et les vêtements de super-héros. Tobias, sous l'influence de sa mère, adopta un style vestimentaire et décoratif bien plus sobre et proche des garçons de son âge. Et pour couronner le tout, Tobias commença à réfléchir à son avenir. Il avait conscience qu'avec un projet professionnel bien défini, il serait pris plus au sérieux.
À cette époque déjà les séries policières rencontraient un franc succès aux États-Unis. À présent que Tobias avait grandi, ses parents l'autorisaient à en regarder. Le passé et l'histoire des policiers intéressait très peu Tobias, même s'ils lui donnaient toujours cette impression qu'il aurait pu être celui qui menait les enquêtes. Ce qui l'intéressait plutôt était la façon dont étaient menés ces enquêtes. Bien sûr, Tobias pensait que résoudre une enquête était un jeu d'enfant, puisque les enquêteurs finissaient toujours par coincer les coupables en ayant eu des intuitions qui se révélaient justes par la suite. Cependant, qui aurait regardé une série policière où le coupable n'était pas démasqué ? Il lui fallut quelques années de plus pour s'en rendre compte. Tobias entrait dans l'adolescence et remarqua qu'un fossé existait entre les séries et la réalité. Dans la réalité, les enquêteurs utilisaient des méthodes bien moins fantaisistes pour retrouver les coupables, et surtout, il n'était pas certain pour eux d'y arriver. Mais cette révélation, obtenue en remarquant que les informations évoquaient souvent des cas non-résolus, ne déçut en rien Tobias. Au contraire : la difficulté à enquêter était ce qui faisait le sel de toute enquête.
Certes, Tobias ne pourrait pas devenir un super-héros portant une jolie cape dorée, ni un policier extrêmement doué, capable de résoudre toutes les enquêtes qui se présenteraient à lui. Mais il pouvait faire de son mieux pour se rapprocher de cet idéal. C'était à lui que revenait la tâche de rendre le monde meilleur en coinçant ceux qui ne respectaient pas les règles. Et c'était là, pensait-il, que résidait le véritable pouvoir : non pas en faire usage, mais avoir la volonté de faire changer les choses. Il va sans dire que lorsque Tobias expliqua ses motivations pour rejoindre les rangs de la police, il fut considéré par ses parents comme étant très sérieux pour son âge.

C'est ainsi que Tobias savait déjà avec certitude ce qu'il avait l'intention de faire plus tard. Puisqu'il était bien renseigné et que ses résultats scolaires et sportifs étaient bons, personne ne douta qu'il pût réaliser ce projet. Après avoir assuré son avenir professionnel, il lui restait désormais à penser à son avenir personnel. Tobias était à cet âge où il pensait qu'il ne perdrait jamais contact avec ses amis, et que l'amour pour une adolescente de son âge était éternel et indestructible. Tobias était maintenu dans cette illusion par le fait qu'il restait toujours dans les mêmes classes que ses amis les plus proches, et qu'aucun d'entre eux n'avait déménagé en dehors de Boston. Cependant, leur diplôme obtenu, ses amis se séparèrent peu à peu de lui, tandis que lui-même s'en faisait de nouveau. L'amitié en tout cas était remplaçable. Mais qu'en était-il de l'amour ?
Pour Tobias, le souvenir de cette jeune fille était désormais amusant, mais pendant quelques années, il n'avait pu s'empêcher de penser à elle sans ressentir une certaine douleur. Lorsqu'il l'avait vue pour la première fois dans les couloirs de son école, le jour de la rentrée, Tobias avait remarqué qu'elle était plutôt jolie, mais il ne lui avait pas prêté plus d'attention que cela. Ce fut en se rendant compte qu'elle était dans la même classe que lui qu'il commença à la regarder. Mais le spectacle de sa beauté n'aurait suffi à le contenter : bientôt, des sentiments naquirent pour elle, aidés par ce que Tobias découvrait d'elle et qui le charmait. Elle ne valait pas de par ses résultats scolaires, qui peinaient à décoller de la moyenne, mais par son caractère franc et intrépide. Elle n'avait pas peur de dire ses opinions, et parfois, elle empêchait même les autres d'exprimer les leurs, mais ce n'était qu'un petit défaut dont Tobias était admiratif. Elle était également devenue capitaine de l'équipe féminine de basket de l'école. Tobias n'avait jamais vraiment aimé les filles faisant du sport, trouvant qu'elles étaient trop peu féminines à son goût, mais elle lui avait fait complètement changer d'opinion sur le sujet. Tobias appréciait de plus en plus cet agréable mélange de douceur et de résolution : cette même jeune fille qui pouvait réconforter une amie qui venait de perdre son chien était capable dans la minute qui suivait de défendre les bienfaits de telle guerre engagée dans le monde. Elle était surprenante et c'était peut-être cela qui le faisait le plus craquer.
Elle avait envahi les pensées de Tobias depuis des mois lorsque celui-ci n'y tint plus. Il ne pouvait plus l'aimer à distance comme elle le faisait, sans savoir si ses sentiments étaient réciproques ou s'il représentait un quelconque intérêt pour elle. Les sentiments qu'il cachait devenait un gouffre entre eux : loin de les rapprocher, ils ne faisaient que rappeler à Tobias qu'il était seul tant qu'il ne lui aurait pas parlé. Les amis auxquels il en parla lui assurèrent qu'essayer de savoir ne coûterait rien, qu'il valait mieux être déçu plutôt que torturé par l'ignorance de la vérité. Aucun d'eux n'était en mesure de savoir ce que la jeune fille pensait, mais aucun d'entre eux ne pensait que cet amour pouvait ne pas être réciproque. Tobias était plutôt joli garçon, son projet professionnel faisait l'admiration de la plupart des filles de la classe, sans compter qu'il était considéré comme quelqu'un de sympathique. Il appartenait à plusieurs équipes de sport de l'école, ce qui le rendait d'ailleurs assez populaire auprès de tous. Tous en avaient conclu qu'il était le garçon idéal, et que, pour cette raison, la fille idéale ne pouvait pas le rejeter. Fort de cette idée, Tobias avait enfin trouvé le courage d'avouer ses sentiments. Il n'y alla pas de but en blanc, bien au contraire. L'adolescent avait pris le temps de se rapprocher de la jeune fille, de la connaître un peu mieux avant de se sentir en confiance. Ce qu'il découvrit lui prouva qu'il avait tout à y gagner à tenter l'aventure avec elle, et c'est ainsi qu'il se lança.
Tout à gagner. Ah, vraiment ?
Tobias n'avait rien laissé au hasard, ni sa coupe de cheveux, ni le parc où ils étaient partis faire un tour de bon matin. Tout avait été soigneusement réfléchi. Il avait pensé à tout. Mais une chose lui était sorti de l'esprit. Et pourtant, c'était bien là le plus important dans une histoire d'amour. La jeune fille éprouvait-elle des sentiments pour lui ? Il s'était bien sûr posé la question et en avait conclu que oui. Malheureusement, Tobias était trop amoureux pour étudier objectivement la question, tandis que ses amis mourraient d'envie de le voir sortir avec elle et ne s'étaient pas posé plus longuement la question. Le résultat, fut, comme il fallait s'y attendre, désastreux. Tobias regretta que cette fille ne fût pas plus douce, car lorsqu'il lui avoua ses sentiments, elle en perdit le sourire. Très sérieusement, elle l'avait dévisagé avant de lui répondre qu'il n'était pas du tout son genre et qu'elle n'avait pas de temps à perdre avec des garçons amoureux. Elle avait mis fin à la romantique scène en le laissant planté là sans prendre le temps de lui dire au revoir.
Elle acceptait de rester son amie, mais elle n'avait pas envie d'aller plus loin. Tobias, lui, ne pouvait plus supporter de rester son ami tant son cœur était désormais brisé. À l'air traumatisé qu'il arborait lorsqu'il retrouva ses amis le lendemain, ceux-ci comprirent immédiatement ce qui s'était passé. Ils tentèrent de le consoler. Mais ce qui avait fait le plus de mal à Tobias n'était pas le fait d'être rejeté, mais la façon dont elle l'avait fait. Déception et colère étaient apparues sur son doux visage, comme si elle attendait plus de lui. Elle avait jugé que ses sentiments étaient indignes d'elle, donc qu'il était indigne. Tobias lui en voulait, persuadé qu'elle aurait pu se montrer plus indulgente avec lui. Non seulement ce souvenir fut douloureux, mais en plus il fut obligé de supporter la vue de cette fille jusqu'à la fin du lycée. Bien sûr, Tobias attendait avec impatience le moment où il quitterait l'école et où il pourrait définitivement tirer un trait sur cette détestable période de sa vie.

Après l'école, la douane.
Les vocations naissent parfois de hasards bien étranges, que seuls des esprits torturés auraient pu imaginer. Elles meurent parfois tout aussi facilement sous le coup d'une révélation que, bien sûr, nul n'avait prévu. La raison pour laquelle Tobias avait finalement abandonné son rêve de devenir policier n'était pas inconnue, mais le jeune homme était toujours réticent à en parler, car ce souvenir n'était pas des plus agréables. Ce jour-là, Tobias s'était senti faible, et ce sentiment lui avait laissé un goût amer qu'il ne parvenait jamais à oublier. Ce fut en même temps ce qui fit sa force, bien que jamais il ne s'en rendît compte. Le souvenir d'une nuit de ses dix-sept ans avait suffi à lui donner des frissons. Cette nuit-là, il avait découvert qu'il détestait la mort. Après tout, la mort n'était pas une perspective dont se préoccupait vraiment un gamin amateur de super-héros.
Pour faire la fête en paix et se faire peur, Tobias s'était rendu en dehors de la ville, dans un massif forestier où ses amis et lui avaient trop bus et raconté bien trop d'histoires de fantômes. Tobias était peut-être le moins ivre des personnes présentes, sans doute parce que, tenant moins bien l'alcool que la moyenne, il évitait de se saouler trop rapidement. Ce qui s'était passé par la suite aurait pu être un délire causé par l'alcool, si le lendemain les journaux locaux n'avaient pas annoncé la nouvelle. En revanche, ce que Tobias avait vu ne lui paraissait pas tout à fait fiable, et cela parce que ce qu'il avait vu dépassait la raison et vraisemblablement paraissait être un produit de son imagination.
Tobias devait rentrer avec deux amis à la maison, mais pour une raison qu'il ne comprenait pas, ceux-ci avaient disparu ; ils s'étaient fait distancer sans s'en rendre compte. Tobias se sentait tout à fait sobre et bien pensant, et il est vrai que son esprit était relativement clair à cette heure tardive de la nuit. Il avait en revanche oublié qu'il était venu en voiture et était bêtement reparti à pied. La nuit était fraîche et humide, un léger brouillard s’élevait, modifiant d'autant plus sa perception de l'espace. C'était plutôt amusant. Puis était venu ce hurlement aux accents lupins, suivi immédiatement d'une forme lupine qui dépassa Tobias à quelques mètres de sa droite. La silhouette émettait un cri qui, semblait-il, exprimer une souffrance toute sauvage. Une centaine de mètres plus loin, Tobias vit la silhouette s'effondrer sur la route. Quelques derniers souffles se firent entendre avant que le silence se fît. La chose qui avait tenté de tuer cette créature avait dû mal s'y prendre, car elle avait perdu la trace de sa proie avant de pouvoir l'achever ; mais elle avait suffisamment blessée cette dernière pour ne lui laisser aucune chance de survie. Et voilà qu'une forme sombre était étendue sur la route par laquelle devait passer Tobias.
Le jeune homme sentit la peur resserrer son emprise sur lui. Il tremblait à l'idée de rencontrer la terrible bête qui s'était acharnée sur une innocente créature. Pourtant, Tobias ne pensait pas qu'il pouvait être possible d'être encore plus terrifié qu'il ne l'était déjà. Ce fut en voyant de près la silhouette qu'il crut devenir fou de terreur. Ce n'était pas un loup, mais un être humain.

Ce fut à ce moment-là que Tobias se rendit compte qu'il n'avait pas envie de travailler avec des meurtriers. Bien qu'il eût voulu écarter à tout prix son visage de celui, torturé, de la pauvre victime, Tobias resta figé face à ce macabre spectacle. Comment pouvait-on seulement regarder un cadavre dans un si triste état ? Ce corps n'avait rien à voir avec le défunt serein que l'on présentait à la morgue. Il ne cachait pas toute la souffrance qu'il avait subie, mais au contraire l'affirmait comme dernier témoignage. Le choc passé, Tobias s'empressa de détourner le visage. La macabre fascination que pouvait exercer la mort sur certaines personnes lui parut alors la pire offense au monde. Mais Tobias ne pouvait se débarrasser de cette image qui semblait s'être collée à sa rétine. Ses pensées mêmes semblaient incapables de passer outre cette horrible révélation. L'offense, il l'avait faite en regardant.

À son réveil, le lendemain matin, Tobias se sentait si vaporeux qu'il crut avoir été victime d'une vision causée par l'alcool. Quand bien même la vision qu'il avait eue était d'un réalisme saisissant. Il ne se sentait ni apaisé ni rassuré, car il était dans le flou. Mais en allumant la télévision, la chaîne locale lui remit les idées en place. Le cadavre retrouvé faisait la une ; sur le plateau, quelques spécialistes formulaient des hypothèses plus ou moins plausibles sur ce qui avait pu se passer. Tobias en perdit l'envie de prendre son petit-déjeuner. Il se souvenait à présent de la terreur qui l'avait habitée. Seulement, était-il sûr de ce qu'il avait vu ? Tobias était tout de même un peu ivre, et si le cadavre était réel, rien n'indiquait que le reste l'était. À force d'essayer de se convaincre qu'il s'était trompé, il finit par se convaincre réellement qu'il n'avait pas entendu de loup. La version qu'il raconta à la police fut beaucoup plus proche d'une hypothèse plausible que de la réalité : il expliqua qu'il marchait parce qu'il était trop alcoolisé pour conduire, en précisant qu'il était un bon citoyen et qu'il n'avait consommé aucune substance illicite, ce qui bien sûr était vrai ; il raconta comment il avait vu la silhouette le dépasser par le côté, comment il avait entendu un hurlement de souffrance tout à fait humain ; il avait voulu se porter au secours d'une personne qu'il croyait ivre, mais le choc avait été grand face à ce qu'il avait vu ; il avait tout oublié, sur le coup, mais à présent, le souvenir lui revenait peu à peu. Puisqu'il n'y avait aucune preuve contre Tobias, il ne fut pas inquiété par la police et put conserver un casier judiciaire blanc comme neige.
Jamais Tobias ne douta de ce dont il se souvenait désormais. Le problème, avec un cerveau humain, était qu'il était facile de faire douter quelqu'un après coup. Plus le temps passe, et moins vous êtes sûr de ce que vous avez vu. Tobias oublia même le visage torturé du cadavre pour lui prêter une sérénité toute feinte. Il se sentait mieux avec des souvenirs recomposés. Toutefois, l'envie toute puérile de devenir policier pour arrêter les criminels était partie. Tobias avait rêvé de ce métier à cause des super-héros et du calme des inspecteurs de police dans les séries policières, mais la réalité était bien éloignée de ses espérances. Ce travail était loin d'être aussi réjouissant qu'il le croyait. C'est pourquoi il envisagea d'autres choix de carrière. En l'occurrence, la douane. Comprendre ce qui avait pu pousser Tobias à faire ce choix qui ne venait pas du cœur était plutôt complexe. Une part d'idéalisme existait encore. Tobias s'imaginait très bien débusquer un terroriste et devenir le sauveur de son pays. Pourquoi pas ? Les seuls cadavres qu'il risquait de rencontrer seraient ceux de terroristes (il n'envisageait pas un seul instant qu'il fût possible de perdre des collègues et des innocents en cas de fusillade), ce qui voulait dire les cadavres de personnes méritant réellement de mourir. Voilà une bonne manière de sauver des vies, alors que la police ne pouvait pas vraiment empêcher les crimes d'avoir lieu. Le reste du temps, Tobias surveillerait avec zèle les entrées sur le territoire américain et se montrerait intraitable avec ceux qui ne respecteraient pas la loi du pays. Très beau programme, n'est-ce pas ? Toutefois, Tobias ne croyait pas tout à fait à toutes ces histoires et sentait qu'il pouvait se sentir parfaitement à l'aise dans ce rôle. Il ne se trompa pas : il fut effectivement recruté pour faire ce métier et fut placé dans le bureau de l'aéroport, où il surveillait avec ses collègues les nouvelles arrivées. Faire partie d'une institution l'enchantait. Il était fait pour ce travail.

Après s'être habitué à son nouveau travail, Tobias franchit un nouveau pas dans sa vie d'adulte en tombant une nouvelle fois amoureux. Ironie du sort, l'élue de son cœur, de quatre ans son aînée, faisait partie de la police judiciaire et était aussi passionnée de son métier qu'il l'était à présent du sien. C'est en échangeant d'ailleurs sur leur métier respectif qu'ils avaient fait connaissance. Entre eux, cet amour était fait pour durer. Cela n'avait rien à voir avec son amour de jeunesse, où il avait eu une admiration profonde pour une fille qui ne le désirait pas. Sans s'en rendre compte, les sentiments de Tobias avait grandi en parallèle de ceux de l'élue de son cœur, une sensation bien plus agréable que ce qu'il avait connu précédemment. Si elle conservait quelques mystères qu'il gardait pour plus tard, il se rendit très vite compte qu'il la connaissait parfaitement, qu'il voyait l'amour dans ses yeux. Tobias n'avait jamais connu cette réciprocité, et c'est cela qui le rendit encore plus profondément amoureux. Il avait trouvé enfin le secret de l'amour et était bien décidé à en faire usage le plus longtemps possible.
Ils s'installèrent bientôt ensemble dans le quartier de Boston où Tobias avait grandi. Ils ne parlèrent jamais de fonder une famille, car tous deux étaient bien trop pris par leurs carrières respectives. Ils rêvaient de gagner en grade et étaient prêts à sacrifier leur vie personnelle pour y arriver. Jeunes et ambitieux, tels étaient les mots qui leur convenaient le mieux. Chacun à sa manière essayait de réaliser le rêve qui les faisait avancer.

Promotion. (Un service bien secret).
Tobias cumulait quatre années d'expérience au sein de la douane américaine et était connu par ses supérieurs pour son travail remarquable. S'il n'avait pas effectué de grosse prise durant ses quatre années, il avait repéré un certain nombre d'infractions lors de ses contrôles, notamment, de la nourriture prohibée que certains voyageurs essayaient de faire entrer illégalement aux États-Unis. Pour un douanier, Tobias était plutôt sympathique, mais cela ne nuisait en rien à ses capacités. Il faisait donc un travail apprécié sans être tout à fait indispensable à la bonne marche des douanes.
C'est sans doute pour cette raison qu'il fut convoqué un après-midi d'hiver dans un étrange bureau de l'administration des douanes. Personne ne semblait avoir conscience de ce bureau dans lequel Tobias était invité. Tout le monde passait devant cette porte, mais tout le monde lui accordait à peu près autant d'importance que s'il s'agissait d'un placard à balais. Mais puisque la porte ne ressemblait pas aux autres portes du couloir, et qu'elle était dépourvue de vitre, cette confusion n'était guère étonnante. Tobias lui-même hésita devant la porte, se demandant si le bureau 32 se trouvait bien derrière cette porte numérotée 32. Mais puisqu'il ne voyait pas d'autre lieu possible pour le bureau, il trouva le courage de frapper. Une voix lui répondit de l'intérieur pour l'inviter à entrer. En passant cette porte, Tobias ignorait qu'il venait de pénétrer dans un monde rempli de mystère et de danger.
À l'intérieur, le visiteur reconnaissait un bureau, puisque tous les meubles de bureau y était présents : un grand bureau d'angle accueillait un ordinateur et quelques petits cartons où étaient sans doute rangés les derniers dossiers résolus ; derrière le bureau, un agent administratif de la douane en costume le regardait attentivement. Une fenêtre l'illuminait par derrière, offrant à cette pièce une lumière naturelle plutôt agréable. Enfin, les deux autres murs étaient occupés par des étagères diverses où s'entassaient livres et dossiers. Deux étagères de chaque côté coupaient les deux portes communicantes qui reliaient ce bureau à ses voisins, mais Tobias ne douta pas un instant que personne n'avait jamais tenté d'entrer par l'extérieur grâce à celles-ci. En revanche, Tobias ne remarqua pas le système d'alarmes et de surveillance caché dans les recoins de cette pièce, et qui pouvait être contrôlé par l'ordinateur du chef du service.
Âgé de la quarantaine, élégamment habillé, cet homme aurait pu passer pour un banal homme d'affaires comme il en existait tant aux États-Unis. Bien sûr, son nom restait secret, car tout le monde avait pour habitude de l'appeler par son titre. Même si peu de personnes le connaissaient, il n'en restait pas moins l'un des hommes les plus puissants des douanes américaines. Puisque son travail était secret, il disposait d'une liberté d'action tout à fait exceptionnelle : il était libre de diriger sa section de la façon dont il l'entendait, sans être obligé de se référer sans cesse à un supérieur. Cependant, à sa manière, il restait un être simple et amical, que Tobias ne put s'empêcher d'apprécier dès qu'il le vit.
Tobias prit place sur l'un des deux fauteuils sur un signe de son nouveau chef. Ce dernier le regardait en sachant pertinemment que le plus difficile allait être de convaincre sa nouvelle recrue de la véracité de ce qu'il disait...

En ressortant du bureau, Tobias avait découvert la face cachée de ce monde. Accepter une telle vérité aurait dû être chose difficile à faire, mais les preuves que lui avaient présentées le chef étaient bien trop réelles pour pouvoir en douter. Si Tobias ne repensa pas au jour où il avait vu mourir un loup-garou, il regarda le monde avec des yeux neufs. Il ne s'étonna pas vraiment que de savoir que toutes ces légendes qu'on lui avait racontées étaient vraies : en effet, Tobias avait toujours cru qu'il serait possible pour la science de créer ces races surnaturelles, et la seule différence avec son scénario était que la nature était la véritable créatrice de celles-ci. C'est pourquoi il donna une réponse positive au chef du service et commença son nouveau métier. Toutefois, en apparence, son travail ne changea pas du tout : il était resté dans le même groupe qu'auparavant, mais il n'avait pas le droit de révéler à ses collègues son affiliation à un service secret. Faire semblant de conserver ses habitudes était, après tout, le moyen le plus efficace de garder le secret sur ses nouvelles responsabilités. Cependant, la manière de travailler de Tobias avait quelque peu changé, et il était difficile de s'en rendre compte. Après deux mois de formation, Tobias avait été opérationnel. Il avait suivi un entraînement complet, maintenant sa forme physique mais aussi découvrant les prodiges du monde surnaturel. Il avait assimilé de nombreuses informations concernant les différentes races, et notamment la façon d'éviter de se mettre en danger en les fréquentant. Toutefois, les connaissances les plus nombreuses qu'il avait acquises concernaient les produits prohibés qui entraient illégalement aux États-Unis. Un grand nombre de plantes exotiques utilisées par les herboristes consistaient les principaux produits échangés, mais d'autres, plus insolites, et surtout faux, transitaient également. Fausses dents de vampire, fausses amulettes magiques ou potions étaient monnaie courante pour Tobias. La plupart des produits, inoffensifs, étaient sans danger pour les potentiels utilisateurs ; toutefois, quelques produits avaient l'effet de poisons et pouvaient donc être mortels. En plus de son rôle habituel de douanier, Tobias avait pour consigne de repérer dans les bagages de tous les voyageurs les produits liés au surnaturel et entrés illégalement aux États-Unis. Il signalait ensuite les voyageurs suspects à son service qui prenait le relais à l'entrée de l'aéroport en interpellant les voyageurs en se faisant passer pour des agents de sécurité de l'aéroport. Bien sûr, une petite augmentation de salaire récompensait les efforts de Tobias. Ce dernier adorait son métier car il avait l'impression d'être utile aux populations en les préservant des dangers du surnaturel. Il était cependant difficile de gérer tous les flux transitant par l'aéroport : leurs effectifs étaient trop réduits pour gérer toutes les arrivées. Tobias n'avait qu'un seul autre collègue dans la même situation que lui, et eux-mêmes ne pouvaient pas vérifier la présence de produits surnaturels chez tous les voyageurs. Les deux autres collègues à l'arrière devaient se relayer pour rester opérationnel un maximum de temps possible. La restriction des effectifs de ce service n'avait pas pour seule cause de conserver plus facilement le secret : il était difficile de recruter des agents compétents qui ne se moqueraient pas d'une telle entreprise. Quant à savoir qui était véritablement à l'origine de ce service, nul ne le savait : il semblait avoir toujours été présent et bien caché dans cette institution. Mais peut-être les personnes ayant connaissance de cet ultime secret le cachaient-ils pour de bien sombres raisons. En tout cas, Tobias n'avait pas le temps d'y penser : il devait faire des heures supplémentaires pour assurer l'interception des marchandises prohibées plus en arrière lorsque ses autres collègues étaient absents. Mais ce rythme de travail ne lui déplaisait pas. Ce n'était pas une promotion au sens traditionnel du terme, mais c'était une reconnaissance, d'une certaine façon.
Malheureusement, la possibilité d'obtenir une autre promotion ne lui serait plus offerte, puisque Tobias était tenu de refuser toute offre venant d'un autre service que le sien. S'il appréciait la situation, il était peut-être bien le seul à être satisfait. Ses parents, étonnés de son brusque changement de vocation, n'avaient d'abord su que penser de cette situation ; puis ils avaient remarqué que leur fils était heureux et avaient accepté la situation, mais ils avaient peur du risque que Tobias courrait à la douane. Il suffisait qu'un voyageur refuse de coopérer pour que tout dérape, et ils en avaient douloureusement conscience, puisqu'ils avaient peur de perdre leur fils. C'est pourquoi ils ne comprirent pas le refus de Tobias d'être promu, alors que c'était là leur rêve le plus cher : le voir monter en grade pour qu'il puisse être à l'abri du danger et, pourquoi pas, rejoindre l'administration. Celle qui fut la plus contrariée par ce refus fut la petite amie de Tobias. Jusqu'alors, le couple avait souhaité, chacun de son côté, pouvoir atteindre des sommets par son travail : mais qu'en était-il si l'un d'entre eux se satisfaisait de ce qu'il avait ? Cette manière de penser allait à l'encontre de tout leur mode de vie. Puisque Tobias n'avait pas la possibilité de lui donner les véritables raisons de sa décision, il avait dû mentir plus ou moins habilement en expliquant que son métier actuel le passionnait, et qu'il n'avait jamais eu qu'un rêve, celui d'être un héros. Et d'une certaine manière, cela était exactement vrai, car Tobias n'avait pu se départir de ce rêve, même s'il le savait irréalisable. Puisqu'il existait différentes manières d'être un héros, il désirait celle qui était accessible aux gens de ce monde : en sauvant des vies et des innocents.
Tobias se serait senti incompris s'il n'avait dû justement cacher son véritable métier. Garder le secret ne fut cependant pas quelque chose de difficile pour lui. Après tout, l'essence du héros était de cacher sa véritable identité et de mentir à ses proches pour les protéger : si l'on considérait que ce comportement était noble, dans ce cas, il ne se montrait pas immoral en les imitant. La satisfaction d'être reconnu par tous, qu'il avait recherchée toute sa vie, n'était peut-être pas aussi nécessaire qu'il le pensait. Tobias avait découvert un autre type de satisfaction, qu'il trouvait d'ailleurs bien plus valorisante : celle d'être sûr de sa valeur et de n'avoir à la prouver à personne. Le secret lui faisait du bien, le rendait joyeux, confiant, et même sa petite amie fut forcée d'avouer que Tobias s'épanouissait parfaitement dans la situation actuelle. C'est ainsi que leur couple retrouva enfin sa sérénité.

Kingsbury ?
Il y a de cela deux ans, Tobias quittait Boston pour Kingsbury. Il n'aurait jamais fait ce choix par lui-même s'il n'y avait eu un intérêt pour son travail. Sa famille n'avait en effet jamais envisagé de quitter Boston, et Tobias ne faisait pas exception à la règle. C'était là qu'il se voyait vivre, puis mourir, et laisser une descendance qu'il espérait nombreuse, afin qu'elle raconte les exploits de son illustre aïeul. En temps normal, Tobias aurait longuement réfléchi avant de se décider à partir. Néanmoins, le jeune douanier n'avait pas vraiment eu le choix : c'était la seule voie possible à suivre pour poursuivre dans le même métier. Le service n'avait pas tout à fait évolué, mais deux nouveaux douaniers avaient été recrutés à l'aéroport, si bien que la couverture des flux commençait à être satisfaisante. Il était désormais possible de se passer d'un douanier sans qu'il y ait de risque pour les populations. Sans doute tout cela avait-il été prévu et mis en place par le chef dès le recrutement de Tobias. Il était difficile de savoir ce que cet homme avait en tête. Il était tout aussi difficile de contester ses décisions. Il n'avait pas besoin d'avoir recours à des menaces pour se faire obéir : il possédait une sorte de charisme qui rendait difficile la contestation de ses décisions. Tobias en fit bien sûr les frais. Il fut convoqué une nouvelle fois dans le bureau de son service, où son chef l'accueillit très gentiment en lui proposant une boisson chaude et des petits gâteaux. Tobias ne se méfia pas, puisque le chef avait l'habitude de se montrer accueillant de la sorte lorsqu'un de ses employés venait le voir au beau milieu de l'après-midi. Après quelques commentaires positifs sur le travail que Tobias accomplissait, le chef ne perdit pas son temps en vain bavardages et en vint directement aux faits. À savoir une affaire périlleuse dans la ville de Kingsbury. Sans permettre à Tobias de s'insérer dans la discussion, le chef enchaîna avec un topo complet de la situation avant de lui annoncer que son travail commencerait la semaine d'après. L'entretien était terminé et, Tobias ayant terminé sa tasse de thé, ce dernier quitta les lieux en s'interrogeant sur ce qui venait de lui arriver.
En tout cas, sa chère femme fut ravie d'entendre parler d'un changement dans le métier de Tobias. Celui-ci avait en effet présenté ce poste comme une promotion, et non un exil de l'aéroport où il travaillait. Le salaire de Tobias allait être considérablement augmenté, de même que ses responsabilités, dans la mesure où sa marge de manœuvre s'agrandirait de façon considérable. Elle ne se formalisa même pas de son installation à Kingsbury, ce n'était pour elle qu'un simple contretemps qui ne mettrait en rien en danger leur couple. Les parents de Tobias n'en pensèrent pas autant, mais ils étaient persuadés que leur fils était plus en sécurité à Kingsbury qu'à l'aéroport, ce qui les rassura quelque peu. Mais ignorant tout de la mission de Tobias, ils ne pouvaient se douter que le danger venait au contraire d'augmenter pour le jeune douanier.
L'aéroport était bien couvert, mais une zone attirait l'attention de la douane pour le nombre de trafics qui s'y déroulait : la ville de Kingsbury. La plupart des voyageurs attrapés avec une marchandise liée au surnaturel avait l'intention de s'y rendre. Il était difficile d'en savoir plus, car ces personnes ne donnaient que le minimum d'informations véridiques parmi les nombreux mensonges qu'ils proféraient. En tout cas, le danger était à son comble, et bien sûr, les populations locales seraient les premières touchées. Le chef ne savait pas ce qui se passait exactement à Kingsbury, mais il savait qu'il y avait de nombreux trafics à arrêter et que celui qui le ferait serait très certainement considéré comme un héros, si ce n'est par les populations locales ou la douane, en tout cas par ses collègues du service et par son chef. Le choix de Tobias n'était pas innocent : le chef savait qu'il avait trouvé en lui l'employé idéal pour ce genre de missions. Tobias était de nature ambitieuse, il en avait conscience ; il fallait lui donner quelque chose à se mettre sous la dent pour le satisfaire. Mais ce n'était pas là la seule qualité de ce douanier : il savait gérer les situations avec calme, sans forcément faire appel à la violence, mais toujours avec beaucoup de tact et de patience. Or, ce talent était plus que nécessaire pour traiter avec la population de Kingsbury. Enfin, le chef savait que Tobias n'abandonnerait jamais sa mission pour un motif futile. Il faudrait le tuer, ou du moins le blesser gravement ou mettre en danger sa famille, pour l'empêcher de terminer ce qu'il accomplissait. Mais la raison que le chef avait avancée à Tobias était plus triviale : en effet, il était le seul à n'avoir aucun enfant, ce qui le rendait bien plus flexible que ses collègues.

Officiellement, Tobias n'appartenait pas à la douane et n'avait donc aucun droit de contrôler les bagages des habitants, encore moins de les arrêter. Il était censé être un artiste attiré par l'air particulier de Kingsbury. Rechercher l'inspiration dans un tel endroit paraissait étrange à Tobias, qui en était resté à une image très romantique de l'artiste trouvant son inspiration dans la nature et chantant son amour contre la nature changeante. L'art contemporain était une excellente couverture, dans la mesure où il n'avait pas besoin de savoir dessiner ou peindre pour faire semblant de produire une œuvre. Tobias était censé être un sculpteur rassemblant des objets abandonnés par les populations des pays riches sur lesquels il renversait des seaux de peinture. Et, en tant qu'artiste, il pouvait se permettre d'être capricieux et pas forcément très productif. Toutefois, si l'idée d'être un sculpteur amusait fortement Tobias, elle avait l'avantage de lui permettre de se promener dans des endroits étranges sans attirer l'attention de quiconque. Tobias se contentait de faire du repérage et d'étudier attentivement les flux qu'il repérait : il signalait ensuite ses découvertes à son chef, qui transmettait le message à d'autres personnes ; et le message transitait jusqu'à la brigade qui se chargerait d'arrêter les malfaiteurs. C'était un réseau bien organisé et performant, mais qui mettait en danger le douanier qui récoltait les informations. Ce n'était peut-être pas le travail original d'un douanier, mais lorsque l'on entrait dans des services secrets, les règles habituelles et les lois morales n'avaient plus vraiment court.
Cette vie lui plaisait, même s'il vivait seul. Tobias se sentait enfin devenu le héros qu'il voulait être, et ce qui le surprenait le plus était que tout ce qu'il faisait était bien réel et utile. Son travail lui rapportait une coquette somme d'argent qui lui permettait de ne pas avoir de deuxième travail sur place, ce qui aurait été trop contraignant en raison des horaires plus stricts dans les autres secteurs. S'intégrer dans la population n'avait pas été éprouvant. Mais Kingsbury était auréolé de mystère et il comprenait à présent pourquoi le chef avait si peu de renseignements sur la situation de cette ville : il était difficile de savoir ce qui s'y passait, et en savoir trop, c'était prendre le risque de mourir, comme le précédent agent que Tobias remplaçait désormais. En matière de surnaturel, Kingsbury n'avait décidément pas sa pareille : quiconque était assez attentif pour observer finement et assez fin pour ne pas se mettre en danger pouvait rencontrer des personnes très intéressantes, en particulier des loup-garous. Kingsbury était une poule aux œufs d'or. Il ne dépendait que de Tobias de les ramasser.


   
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:21

Je ne connais pas la célébrité mais il est tout mignon   
Bienvenue sur le fofo et bon courage pour ta fichounette monsieur l'expert en armes   
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:23

Bien que je ne sois pas encore validée, je viens te souhaiter la bienvenue sur le forum :D
Très bon choix d'avatar en passant, vraiment fan **
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HUMAN
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HUMAN

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:25

Merci beaucoup. Je suis ravie de t'avoir fait découvrir Oscar, alors. ^^
J'aurais une petite question par rapport à mon métier : est-ce qu'il y a des artefacts de créatures surnaturelles qui ont déjà été prévues sur le forum ? Je pensais que les plantes de l'herboriste par exemple pouvaient être une bonne idée, mais je n'aimerais pas me limiter à cela.
Et si un loup-garou meurt sous sa forme lycanthrope, redevient-il humain ?
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WEREWOLF
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WEREWOLF

DATE D'INSCRIPTION : 23/08/2014
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:29

Oscarounet.    Plus toi, j'ai juste envie de voir ce que donnera ce personnage.   
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Sam 23 Aoû 2014 - 21:40

super chooooix.
alors pour tes questions, je vais laisser les autres y répondre parce que je ne veux pas te dire de bêtises. Arrow
en tout cas, bienvenue et, bonne chance pour ta fiche ! I love you
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Dim 24 Aoû 2014 - 12:51

Bienvenue parmi nous très bon choix de vava courage pour ta fiche ♥
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Dim 24 Aoû 2014 - 18:29

BIENVENUE PARMI NOUS ** !
alors, à propos de tes questions, si un loup meurt, il retrouve sa forme humaine, c'est exact !
pour ce qui est des artefacts, il y en aura mais pour l'instant, il faut se limiter aux herbes de l'herboriste.   
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Dim 24 Aoû 2014 - 21:47

Bienvenue ici   
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Lun 25 Aoû 2014 - 0:52

Bienvenue et bon courage pour ta fiche  I love you 
J'aime beaucoup ton emploi, il est original et je pense qu'on va avoir un lien ensemble     
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Lun 25 Aoû 2014 - 13:41

Ah voilà le deuxième t'es tout aussi canon toi tiens
Franchement, vous en avez pas marre de faire des persos trop canons et totalement badass
Ravie de te voir ici aussi en tout cas
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Lun 25 Aoû 2014 - 15:23

que cet homme est beau I love you
bienvenue chez toi.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Jeu 28 Aoû 2014 - 22:43


t'es validé, p'tit loup !
t'es dans la cour des grands wsh.


JE TE DETESTE, VA AU DIABLE SATAN ! Tu te rends compte que ton histoire, c'est un roman ? bref, je passe à l'avis objectif. C'est un très beau personnage que tu nous a fait là, complexe, original, avecune très loooongue histoire. Arrow Non, j'pense que tu peux apporter une touche sympatoche et j'ai hâte de voir ton personnage à l'oeuvre. ça nous a même donné des idées pour des intrigues (a)



Tu es officiellement un résident de Kingsbury, si c'est pas beau tout ça ! Tu peux créer un scénario pour en faire un personnage essentiel à ton personnage. D'ailleurs, saches que tu n'es pas tout seul, que tu peux trouver des liens et aussi ouvrir ta propre fiche de liens. Si tu fais partie de la classe des adultes, tu as sûrement un métier afin de gagner de l'argent pour vivre. Enfin, même situ comptes sur les parents pour tout te payer, il te faut quand même un toit. N'oublies pas non plus que nous sommes dans une ville infestée de créatures surnaturelles ; si tu as un don particulier, vérifies que tu as été ajouté dans les quotas de l'annexe de ton annexe ! Vérifies aussi que tu as bien ta couleur de groupe, ton rang et ta célébrité recensée dans le bottin. BOON JEU PARMI NOUS !


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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.
Jeu 28 Aoû 2014 - 22:50

Vraiment désolée pour la longueur, quand je fais un bon personnage, son histoire est toujours très longue. Merci pour ton courage et ton dévouement. ^^
(Mais je suis contente de vous avoir inspiré des intrigues, c'est la classe ça)
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.

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Ce n'est pas la chasse aux terroristes, mais c'est aussi passionnant.

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