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 Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)



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MessageSujet: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Sam 1 Nov 2014 - 18:55

Des tiraillements dans les doigts de Tobias l'avertirent qu'il avait passé trop de temps à l'extérieur : le froid rendait ses doigts gourds et son nez était glacé. Le jeune douanier souffla sur ses doigts pour essayer de leur redonner vie. Il venait de passer une autre journée à l'extérieur, soit disant pour ramasser des feuilles mortes. Il en avait désormais un paquet : toutes les feuilles étaient colorées, sèches et bien symétriques. Derrière l'air appliqué qu'il affichait pour chercher ses précieux instruments de travail, Tobias écoutait avec attention tout ce qui se disait. Tout, de la moindre rumeur domestique aux opinions politiques inavouables, tout intéressait le jeune homme. Il se souvenait de tout ce qui pouvait lui être. Pour cette précieuse chasse aux informations, Tobias était prêt à tout, y compris à se geler les doigts pour les obtenir. Bien souvent, ces journées étaient ennuyeuses. S'il n'avait été aussi dévoué à son travail, il se serait peut-être découragé depuis longtemps.
Oh, mais ces derniers temps, il y avait ces fantômes.
Ils avaient fait leur apparition du jour au lendemain en ville, personne ne savait d'où il venait. Un nécromancien les avait-il convoqués ? S'était-il passé quelque chose d'étrange en ville qui aurait pu être à l'origine de ce phénomène ? Quelle que fût la réponse, Tobias ne l'avait pas. Aussi frustrant que ce fût pour un citoyen ordinaire, cela posait un problème pour un infiltré. Les demandes de ses supérieurs étaient de plus en plus pressantes : ils ne satisfaisaient pas des rapports précis de la situation que Tobias faisait de jour en jour et le sommaient de leur apporter des réponses dans les plus brefs délais. Ils recherchaient n'importe quelle information leur permettant d'envoyer sur place leurs agents spéciaux. Les fantômes l'obsédaient. Il aurait été ravi de rencontrer ses proches disparus, puisque tous les fantômes semblaient avoir des liens avec les habitants de la ville. Malheureusement, Tobias n'en avait pas. Ses parents, ses grands-parents tout comme ses amis étaient en vie. Pas même un petit cousin. Non qu'il souhaitât la mort d'un de ses cousins, bien sûr. Néanmoins, c'était quelque peu embêtant. Il n'avait personne à interroger. Il avait l'impression de manquer d'une source d'informations essentielle.
Tobias se releva et ramassa ses feuilles. Il était prêt à rentrer chez lui, une fois qu'il aurait chaussé les mitaines qu'il avait rangées dans sa poche. Il n'était pas découragé. Il n'était pas non plus particulièrement heureux. Il sentait que sa journée n'était pas exceptionnelle. Alors qu'il allait repartir chez lui, il s'immobilisa subitement. Ce qu'il vit lui redonna de l'espoir, alors que la scène était plutôt effrayante. L'homme sur lequel il venait de poser le regard avait de quoi faire peur. Tobias avait appris à reconnaître leurs caractéristiques. L'air de bête carnassière. Ce n'était pas le genre de personne qu'on appréciait fréquenter. Même les professionnels ne les prenaient pas à la légère.
Ce n'était pas l'apparence du wendigo qui traversait l'avenue qui le fascinait. Une ombre légère le suivait. Elle semblait être de forme masculine. Il était difficile d'en savoir plus, Tobias avait du mal à distinguer de façon plus précise l'esprit qui suivait le wendigo. Tobias se serait attendu à voir une créature surnaturelle carnassière être entourée par de nombreux esprits en colère - il avait remarqué ce phénomène auprès de tueurs notoires qu'il évitait comme la peste. Ce n'était pas le cas ici. Peut-être était-ce ce lien étrange entre le wendigo et son fantôme qui intriguait Tobias. Avaient-ils été proches un jour ? Le douanier hésita un instant. Approcher un wendigo n'était pas vraiment recommandé. Il n'avait qu'une vague idée du risque qu'il prenait. L'hésitation cessa lorsque Tobias se rendit compte de l'occasion qui se présentait à lui.
Tobias ferait tout pour son travail. Tout pour être un héros. Avec un petit de chance, le wendigo coopérerait avec lui. Sa chance venait de lui arriver.

Tobias prit son courage à deux mains et s'approcha du wendigo. Il lui barra la route, l'obligeant à le regarder un instant. Sans tenir compte vraiment de la personne qui était face à lui, sans se demander pourquoi ce fantôme le hantait, il désigna l'esprit derrière lui :
« Excusez-moi, vous avez un fantôme qui vous suit. » dit-il, comme s'il avait l'habitude de ce genre de phrases.
Ce qui n'était pas entièrement faux. Si vous aviez toutes les excuses bidons que l'on entend aux douanes...
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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Ven 14 Nov 2014 - 15:40

Des fantômes. Je ne prétendais pas que le surnaturel ne pouvait pas exister, j’en étais moi-même la preuve et ne pas croire au reste des choses n’aurait pas été très malin. Je n’allais pas non plus dire que j’étais la personne la plus intelligente du monde, mais je ne pouvais pas non plus nier que peu de choses m’échappaient vraiment. Et je faisais toujours attention à ce que les choses ne se passent pas trop mal. Ce n’était pas toujours facile, mais il y avait toujours un tas de choses à faire pour que la situation ne se passe pas trop mal. Enfin voilà, j’étais un wendigo et peut-être n’était-ce pas simple de croire que les choses pouvaient changer, dans ma vie. Mais ça ne voulait pas non plus dire qu’il allait être évident pour moi de faire comme si tout pouvait arriver. Ce n’était pas parce que la ville appartenait à des loups ou presque, que nous devions croire à n’importe quoi. Cela ne voulait pas dire qu’un jour ou l’autre, des vampires allaient débarquer, par exemple. Pourtant, pour ce qu’il en était de ces fantômes, c’était autre chose, c’était comme s’il y avait de la magie dans l’air ou quelque chose de ce genre, c’était une très bonne question, en tout cas, à laquelle, je n’étais absolument pas capable de répondre. Et je ne cherchais même pas à le faire. De toute façon, tout aurait pu être un peu plus compliqué encore. Cela aurait pu être des zombies, des monstres là pour dévorer nos âmes ou ce genre de chose. Et ce n’était pas le cas. Un soupir s’échappa de mes lèvres alors que je glissais les mains dans les poches.

En soit, ce qui me prenait le plus la tête, c’était que mon père traînait derrière moi depuis déjà bien trop longtemps. Et ça, c’était quelque chose que je persistais à ne pas comprendre. C’était insupportable, bordel. Pouvait-on me permettre de passer un peu de temps loin de ce crétin ? Le pire se trouvait dans le fait que je ne le connaissais pas. Je ne savais strictement rien de lui et j’étais supposée vivre avec ça. Il ne parlait pas souvent, et dans le fond, je m’étais réellement souvenue de lui uniquement parce que j’avais eu l’occasion de voir des photos de lui. Et il me suivait… Partout. Mais au moins, vu qu’il ne parlait pas, cela facilitait bien des choses, cela me permettait, d’ailleurs, de faire comme s’il n’était pas là, bien qu’il soit… Réellement là.

Le gars qui se mit sur ma route, par contre, il sembla se prendre pour quelque chose qu’il n’était pas, quelqu’un qui ne semblait pas vraiment réaliser que ce n’était certainement pas à lui de se mêler de ce qui ne le regardait pas, et ça, il ne semblait pas réellement le comprendre, quoi que je puisse en dire. Je n’avais pas envie de lui parler et voilà qu’il me sortait quoi ? Que j’avais un fantôme qui me suivait. La belle affaire ! Je l’avais déjà bien remarqué, cette histoire, et c’était carrément insupportable, en réalité. Je n’avais pas le temps pour bavarder avec un abruti de première. Pensait-il réellement être le seul à voir le fantôme qui me collait au cul ? Si c’était ça, il était encore plus stupide que je ne pouvais bien le croire. Et je refusais d’imaginer que cela pouvait vraiment se passer de cette manière.

 « Hm. Merci enquêteur, je n’avais pas remarqué »

Mon ton était froid ? Et bien disons-le, je n’avais pas vraiment le don de la gentillesse. Et je m’en moquais pas mal.

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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Ven 14 Nov 2014 - 23:19

Ce fut d'un ton très froid signifiant clairement qu'il ne désirait pas discuter avec lui que le wendigo lui répondit. Il parlait comme si le fantôme qui le suivait l'énervait et qu'il ne rêvait que d'une chose : s'en débarrasser. Bien sûr, Tobias n'apprécia pas le ton de la réponse. Il aurait pu être flatté d'être appelé enquêteur, parce qu'il faisait ce travail mais n'avait pas ce titre, sans compter qu'il ne pouvait pas s'en vanter, mais l'autre homme l'avait dit d'un ton bien trop ironique pour lui plaire. Généralement, il ne faut pas jouer au plus malin avec un douanier. Il aime qu'on lui réponde clairement, et surtout qu'on le respecte. Parce qu'il était vexé, Tobias ne put s'empêcher d'adopter à son tour un ton ironique, en espérant mesquinement et puérilement embêter cet homme désagréable.
« Ça alors ! Il est pourtant bien visible, ce fantôme... Vous êtes vraiment sûr de ne pas l'avoir remarqué ? » demanda-t-il en jouant le jeu.
En fait, Tobias forçait le trait et avait presque l'air moqueur. Il se rendit alors compte que ce n'était pas du tout le genre de comportement qu'il fallait avoir lorsque l'on avait l'intention de demander quelque chose à quelqu'un. Pour sa défense, Tobias était persuadé qu'il n'aurait pas obtenu plus de résultats s'il s'était montré poli, puisqu'en s'excusant servilement, il s'était pris une remarque bien sarcastique. Mais il dut reconnaître que le wendigo devait être lassé d'être toujours suivi par un fantôme. Les créatures surnaturelles se lassaient si vite des phénomènes paranormaux, puisqu'elles vivaient dans un monde qui dépassait la raison. Par conséquent, la réaction de Tobias était quelque peu exagérée, puisqu'il était l'importun. Néanmoins, il était hors de question de laisser partir le wendigo. La curiosité naturelle de Tobias le poussait à en savoir plus sur ce qui se passait en ville. Il observa du coin de l'œil le fantôme : celui-ci avait un air plutôt détaché, comme s'il n'était pas vraiment présent pendant leur conversation mais qu'il attendait le moment opportun pour parler. Enfin, c'était ce qu'il semblait à Tobias. Il n'osait pas le regarder droit dans les yeux, par peur de se faire bousculer et dépasser par le wendigo s'il avait le malheur de relâcher son attention.
Tobias se racla la gorge et prit un air professionnel. Inutile de compter sur lui pour s'excuser : il pensait que l'homme l'avait amplement mérité. En tout cas, Tobias se sentait mieux, à présent, comme si le fait de renvoyer à son interlocuteur ce qu'il venait de prendre l'avait soulagé. Et tant pis s'il ne paraissait pas sympathique. Comme si les douaniers devaient l'être.
« Non, plus sérieusement, reprit-il d'un ton normal, vous avez un fantôme qui vous suit et ça m'intéresse. Vous n'avez rien remarqué ? »
Il désigna l'espace autour de lui. Le wendigo pouvait apercevoir un paysage urbain tout ce qu'il y a de plus banal et, en bordure, quelques silhouettes fantomatiques qui erraient dans la rue, sans doute à la recherche de leur proie. Bien sûr, la présence de ces fantômes faisait partie des éléments sur lesquels il voulait attirer l'attention du wendigo, et il ne doutait pas un instant que son interlocuteur l'eût remarqué. Mais il y avait autre chose... ou plutôt, quelque chose qui n'existait pas autour de lui. Un amas de fantôme. Tobias n'attirait personne, puisqu'il n'avait aucun proche mort. Et cela le contrariait énormément.
« Des dizaines, non, peut-être des centaines de fantômes qui font leur apparition en ville et qui tournent autour de certaines personnes... » Bien sûr, ce n'était qu'une hypothèse pour Tobias, mais il lui semblait que les personnes les plus dangereuses fussent celles qui attiraient le plus de fantômes. Parce qu'il était parfaitement sain d'esprit, les fantômes ne l'aimaient pas beaucoup. Mais cela restait une hypothèse : il y avait tant de personnes en ville poursuivies par des fantômes qu'il était impossible de croire que toutes étaient des probables tueurs ou des sociopathes. « C'est intéressant. Mais je n'ai pas de fantôme sous la main. Ils n'aiment peut-être pas les humains dans mon genre... »
En l'espace de deux phrases, Tobias venait de sous-entendre qu'il connaissait la nature exacte de son interlocuteur et qu'il ne la craignait pas. Ce qui n'était pas exactement vrai. Tobias n'était pas tout à fait à l'aise avec les wendigos. Il savait bien que celui-ci n'allait pas le dévorer séance tenante mais... tout de même, l'idée d'avoir affaire à un carnivore cannibale était plutôt dérangeant. Tobias aurait mieux fait de ne pas y penser, mais il aimait faire tout le contraire, parce que ça lui permettait de se vanter après coup.
« Enfin bref, conclut Tobias. Je ne veux pas forcément vous embêter mais... vous croyez qu'il y a moyen d'emprunter votre fantôme ? Vous n'avez pas l'air d'y tenir vraiment. »
Si le wendigo n'avait pas envie de lui parler, il y avait des chances pour qu'il soit interloqué par la demande surprenante de Tobias. Et avec un peu de chance, ils pourraient s'arranger. S'il le voulait bien.
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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Mar 2 Déc 2014 - 14:27

Etre suivi par son père ? Non, cela n’avait absolument rien d’amusant, au contraire, d’ailleurs, c’était une situation parfaitement ridicule et prise de tête. Je ne l’avais jamais connu, il était mort au moment où j’étais né. D’ailleurs, c’était ce qui m’avait transformé en wendigo, de ce que j’avais compris. Et de ce fait, ne pas le connaître m’arrangeait bien, moi et lui, puisque je l’aurais clairement fait payer pour ma condition, si je l’avais pu. Mais cela ne fonctionnait pas ainsi et je ne le savais que trop bien. Il n’y avait rien à faire, et je m’en foutais. Je refusais d’y réfléchir, puisque de toute façon, cela n’aurait pas servi à grand-chose. Bien sûr, il me fut drôle de voir qu’il pouvait jouer la comédie avec moi. Je trouvais ça réellement amusant, quoi que j’en dise. Je n’avais pas la moindre raison de trouver ça amusant et pourtant, ça me plaisait, pour une raison qui m’échappait. Mais en même temps, cela me prenait quand même la tête, puisqu’il pouvait bien dire ce qu’il voudrait, la situation était celle-ci et ça n’avait strictement rien de simple. Bordel, c’était réellement le bordel, tout ça, ça n’avait absolument pas l’ombre d’un sens. Il pouvait bien dire ce qu’il voudrait, cela ne changeait rien pour moi.

« Ouais, on me dit souvent que je suis aveugle »

Je levai alors les yeux au ciel tant cette histoire ne rimait à rien. Et il était grandement temps pour ce jeu de s’arrêter parce que je n’étais pas d’humeur. Et je l’étais de moins en moins, à mesure où mon regard se posait sur ce stupide fantôme. Pourquoi fallait-il qu’il me colle, d’un seul coup ? Cela ne rimait à rien. J’avais envie d’hurler, en réalité, et non envie de parler avec quelqu’un, à moins que cela ne me permettre de me débarrasser de mon père. Mais j’en venais plutôt à me demander si cela allait finir par arriver. Parce que bon, je ne savais pas pourquoi il était apparu et je ne savais pas non plus comment arranger la situation, c’était le bordel. Et il n’y avait rien pour m’expliquer davantage cette situation. Il n’y avait rien à faire. Et personne pour m’expliquer, j’en étais certain.

« Ecouter, je n’ai pas vraiment que ça à faire que de vous entendre me poser des questions aussi débiles, vous voyez ? Donc, j’ai remarqué qu’en me levant un matin, il y avait un putain de fantôme derrière mon cul. J’en ai conclu que c’était mon paternel grâce à des photos et puis voilà. En quoi ça vous intéresse ? Vous êtes jaloux parce qu’il n’y a rien derrière vous ?! »

En tout cas, ses questions commençaient réellement à peser sur ma patience, il pourrait bien continuer ainsi s’il le voulait mais il allait bien vite voir, également, que je manquais de patience. Et énerver un wendigo, c’était la dernière chose que pouvait souhaiter un humain. J’avais tué ma propre mère. Tu er quelqu’un d’autre ne devrait pas me poser de réel problème.

Bon, par contre, il me fut intéressant de constater que nous étions nombreux dans mon cas. Je n’en avais eu que quelques-uns, et je n’étais pas certain de comprendre ce qu’il se passait. Ainsi, les fantômes se pointaient et personne ne comprenait ce qu’il était en train de se passer. De toute manière, c’était toujours ainsi et il n’y avait pas grand-chose à y faire. Peut-être que quelqu’un serait apte à comprendre. Mais ce gars, je me demandais quand même qui il était.

« Et qu’est-ce qui me différencie de vous ? »

Personne ou presque, ne savait ce que j’étais. Du coup, j’étais curieux, non pas paniqué mais dérangé par la possibilité qu’il puisse savoir. Et qu’il ne se permette surtout pas d’en évoquer l’idée, parce que je pouvais facilement m’en prendre à lui, et le tuer, d’une seule main peut-être même. J’abusais sans doute un peu mais je savais que j’en étais véritablement capable, quoi qu’il en dise. Et j’étais prêt à le faire, plutôt que de le laisser me mettre en danger. Je ne savais rien de lui, je ne le connaissais pas. Et il ne me faisait pas peur.

« J’ignore comment faire pour qu’il reste avec vous, j’ignore si c’est possible. Mais si ça ne l’est pas, je ne compte pas rester en votre compagnie, qu’on se comprenne bien. »

Surtout pas avec quelqu’un qui pouvait mettre ma situation en danger, cela ne se passerait pas comme ça. Jamais.

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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Sam 13 Déc 2014 - 20:44

Se faire traiter de débile parce qu'il voulait emprunter le fantôme d'un autre était quelque chose que Tobias pouvait gérer. Il savait qu'aux yeux des autres, certaines de ses activités paraissaient anormales même si, il fallait l'avouer, elles devenaient bien plus censées lorsque l'on comprenait qu'il les faisait pour son travail. Même un wendigo n'était pas habitué à la façon de procéder de Tobias. C'est pourquoi il acceptait de passer pour un idiot ou pour un fou : il avait presque l'habitude d'être traité ainsi. Les sarcasmes du wendigo ne le dérangeaient en rien. En revanche, Tobias fut piqué au vif lorsque son interlocuteur l'accusa de jalousie. Le douanier n'était pas assez idiot pour être jaloux, du moins, c'était ce qu'il pensait. Il était persuadé que son intérêt pour les fantômes était strictement professionnel et n'avait pas grand chose à voir avec un attrait puéril pour le surnaturel. Il n'avait pas la chance - enfin, chance, façon de parler - d'avoir un fantôme à sa disposition et voulait donc en emprunter un pour l'étudier. Ce comportement était on ne peut plus rationnel. Toutefois, Tobias ne s'était jamais interrogé sur les inclinations personnelles qu'il avait pour cet emprunt. S'il était vexé d'être appelé « jaloux », peut-être était-ce justement parce qu'il l'était véritablement. Mais Tobias ne pouvait pas se l'avouer : avoir un fantôme était très mauvaise signe. Les fantômes venaient parfois rendre visite à des proches auxquels ils tenaient, mais la plupart du cas, ils apparaissaient près des personnes à qui ils reprochaient quelque chose. Or, Tobias ne pouvait regretter de ne pas avoir commis de proche ni de s'être toujours bien comporté. Par conséquent, il était inconvenant d'éprouver une jalousie quelconque.
Tobias serra les dents, toutefois, il préféra ne rien dire plutôt que de relever la remarque. Il ne trouva même aucune répartie face à l'ironie dont faisait preuve son interlocuteur. Cela ne lui ressemblait pas vraiment, toutefois, il sembla que cette tactique était bonne, car en restant stoïque, le wendigo accepta plus ou moins l'idée que Tobias était sérieux. Néanmoins, ce dernier ne savait pas comment réagir face à la dernière question. Pour un peu, il pouvait s'agir d'une question rhétorique qui n'attendait aucune réponse. Il pouvait également s'agir d'un piège : le wendigo n'attendait sans doute qu'une mauvaise réponse pour déguerpir. Toutefois, Tobias avait un naturel bien trop optimiste pour se laisser arrêter par de telles considérations. Il préféra penser que son interlocuteur cherchait à déterminer s'il pouvait lui faire confiance ou non. Le douanier était bien décidé à lui prouver qu'il le pouvait. Pour cela, il s'était résolu à abolir un maximum la distance qui existait entre eux.
« Pas grand chose. Vous avez un fantôme et pas moi. C'est la seule différence que je vois. » dit-il d'un ton détendu.
Et Tobias l'était, d'une certaine manière, puisqu'il ne se laissait pas vraiment impressionner par sa nature de wendigo. Cela étant, si ce dernier avait eu l'air plus menaçant, Tobias aurait très certainement été bien plus mal à l'aise en sa présence. Il sentait en tout cas qu'il était en train de le convaincre, et ce fut le cas, car le wendigo céda. À peu près. Il voulait bien coopérer, à condition de ne pas être obligé de rester. Les conditions des autres, Tobias en avait aussi l'habitude. Personne ne voulait jamais coopérer gentiment, de toute manière : quand ce n'était pas des réclamations, c'étaient des plaintes, et si ce n'étaient pas des plaintes, c'est de la violence. Tobias ne se laissa pas démonter et sortit de son ton le plus professionnel possible :
« Si vous voulez vraiment vous débarrasser de ce fantôme encombrant, vous croyez que c'est une bonne idée de vouloir déjà partir ? Inutile de bâcler les choses, voyons. »
On sentait que Tobias avait répété ce genre de phrases à de multiples reprises, car elle était sortie avec un automatisme enjoué. Le douanier était cependant en train de réfléchir à la meilleure façon de procéder. Il ne pouvait techniquement pas voler le fantôme, mais puisqu'il supposait que les fantômes étaient pourvus de volonté, il devait être possible de les convaincre de suivre quelqu'un d'autre. Du moins, c'était la théorie. En pratique, Tobias ne savait pas vraiment comment s'y prendre. Entrer en contact avec le fantôme ne s'annonçait pas facile, puisque généralement, seule la personne qu'il hantait l'intéressait. Et quand bien même il réussissait à lui parler, un deuxième obstacle se dressait : comment convaincre le fantôme d'abandonner sa vengeance pour aider Tobias dans sa mission d'informations ? Il fallait pour cela disposer d'éléments personnels, non seulement sur le wendigo mais aussi sur son fantôme. Or, Tobias avait l'intime conviction que le wendigo le tuerait s'il osait lui demander des informations d'ordre personnel. Ce qui signifiait que ce dernier allait devoir participer à la joyeuse opération. Un bref instant, Tobias se demanda s'il n'allait pas y laisser la tête, mais il ne pouvait pas abandonner. Sa témérité était peut-être son plus vilain défaut à Kingsbury, puisque c'était peut-être ce qui risquait de le tuer. Fort heureusement, il n'avait pas peur de la mort et assez d'esprit pour garder un minimum de contrôle avec les événements.
« Malheureusement, je crois qu'il n'y a pas de solution miracle. C'est peut-être un fantôme, mais ça reste, je pense, encore un être humain... et vous savez comment sont les humains, il faut les convaincre. » Tobias insista sur le dernier mot, faisant ainsi référence à ce qui s'était passé ces dernières minutes. « Il va donc falloir lui parler. Mais je crois que pour l'heure, le seul qu'il ait envie d'écouter, c'est vous. Ou alors, il a envie de vous parler. Ce ne sera peut-être pas agréable mais... je crois que vous devriez écouter ce qu'il a à vous dire. »
Cela n'allait pas du tout plaire au wendigo, qui avait envie d'en finir le plus rapidement possible avec cette histoire. Tobias n'avait néanmoins pas d'autre choix s'il voulait pouvoir profiter des connaissances du fantôme.
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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Lun 12 Jan 2015 - 11:43

Peu calme, peu délicat et peu simple, je sais que je ne suis pas la personne la plus délicate du monde. Me reprendre en main ne veut pas dire que c’est facile, cela ne veut pas dire que c’est simple, ça ne l’est absolument pas, et il faut à tout prix que je me reprenne deux minutes. Je suis désagréable, froid et chiant, mais je l’ai toujours été. Après, ce mec n’a absolument rien demandé, donc je suppose qu’il faut que j’y pense. Ce n’est pas simple, mais j’imagine malgré tout que c’est plus simple comme ça, je n’en doute pas. Et c’est ainsi qu’il faut agir. J’aimerais juste que les gens le voient, que les gens se rendent compte de la situation, parce que c’est ce qu’il faut faire. Il faut que je me reprenne, et il est grand temps que je reprenne les choses en mains. Je ne sais pas parler aux gens. Je n’ai jamais vraiment appris, puisqu’il a toujours été question de m’en foutre plein la gueule. Je ne sais pas du tout parler aux humains de façon calme et posée, puisque je ne l’ai jamais fait. A force de me faire rejeter et à force de passer pour le con de service, j’avais fini par abandonner toute tentative de sympathie à leur égard, par le passé. Ils m’avaient tourné le dos, traité comme un chien et insulté. Ils m’avaient poussé à me foutre dans la forêt, à y vivre, parce qu’ils menaçaient de m’enfermer, ou même de me tuer. Et pour ma part, je n’étais absolument pas prêt pour ce genre de chose. Je refusais de passer pour un gros con, ce n’était pas pour moi et je préférais cent fois ce genre de choses. Mais… Je n’irais certainement pas prétendre que la situation pourrait s’arranger, parce que non, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Son absence de réponse me montre, par contre, qu’il est jaloux. Je ne vais pas mettre une nouvelle fois le pied sur tout ça, mais je ne peux quand même pas le nier. Je vois bien que c’est ici que se trouve le gros du problème. Et je ne peux pas lui en vouloir, c’est tellement cool ! Vous sentez l’ironie ? Enfin bon, pour le reste, je refuse totalement d’avoir à y penser, je refuse vraiment d’y réfléchir plus longtemps, puisque cela ne servirait pas vraiment à grand-chose, j’en suis convaincu. « Une bien belle différence, selon moi. ». Mais je donnerais tout pour que mon frère cesse enfin de me suivre de la sorte. Je n’ai rien fait pour l’y pousser, de mon point de vu et pourtant, en même temps, je ne peux pas nier que cela n’a rien e simple. Au contraire même, je suis parfaitement conscient du fait que c’est un poids massif. Mon père, je ne l’ai jamais connu, c’est à cause de lui, si je suis devenu un wendigo, d’après ce que l’on m’a expliqué. Est-ce qu’il me reproche d’avoir tué ma mère ? Peut-être, mais ce n’est certainement pas moi qui irait lui poser la question. Elle le méritait.

Il est détendu ce gars, en tout cas, et je ne vais pas prétendre que cela ne me plaît pas. Ma condition, lorsqu’elle est connue, en fait flipper plus d’un. Ce que je peux comprendre bien sûr, puisque si je viens à vraiment m’énerver ou si je viens à manquer de nourriture, je suis capable de perdre le contrôle. Ce n’est peut-être pas arrivé depuis plusieurs années, je sais que cela pourrait revenir comme ça, dans un claquement de doigts. Même si je ne peux clairement pas le dire à voix haute bien sûr. Il est préférable de garder ce genre de chose pour soi.

Lorsqu’il parle de bâcler les choses, je l’avoue, je ne comprends absolument pas de quoi il est en train de me parler. Je veux lui laisser le temps de faire ce qu’il veut mais la présence de mon père me met clairement mal à l’aise. Peut-on vraiment me le reprocher ? J’en doute lourdement. Et j’espère que les gens s’en rendent vraiment compte. Je me moque de ce que l’on pourrait dire, puisque de toute manière, les choses sont comme elles sont, et il n’y a rien d’autre à ajouter. Dans un sens, comme dans l’autre, en plus. « Donc t’es en train de me dire que pour m’en débarrasser, il faut que je reste avec lui ? C’est quoi l’arnaque ? T’es en train de me dire que c’est toi qui va me permettre de m’en débarrasser ? ». La situation me dépasse et commence sincèrement à me gonfler. J’aimerais partir de là, arrêter de supporter la présence de cet humain qui me pousse à bout. Pourtant, je sais aussi que prendre la fuite ne parviendrait pas à m’apaiser et pour cette raison, je décide de le laisser faire ce qu’il veut. J’imagine, de toute façon, que s’il décide d’aller trop loin, je pourrais toujours choisir de lui arracher la tête.

Donc, pour que ce stupide fantôme accepte de partir, selon lui, il faut que je lui parle ou que je l’écoute. Donc, qu’est-ce que je suis censée avoir à dire à un crétin qui, malgré tout ce que j’ai pu dire, a pris le large, me laissant donc derrière lui, hein. Ou en tout cas, laissant ma mère derrière lui. Et, de ce fait, il est mort quelque part, de quelque chose. Je l’avoue, je m’en fous. Et je suis resté là, tout seul, avec une mère qui ne voulait pas de moi et qui, sans doute, pensait trop à mon père en me regardant. Maintenant, ce crétin est avec moi et je ne le connais même pas. Pour tout dire, avant qu’il ne devienne un fantôme, je ne savais même pas à quoi il pouvait bien ressembler. C’est pour dire. Est-ce que je peux prétendre que cela m’intéresse ou me touche ? Non, bien sûr que non, et de toute façon, je n’en ai strictement rien à cirer. Je m’en fous, et je refuse d’y porter un quelconque intérêt. « Ah bah je suis sûr que ce qu’il a à me dire sera totalement passionnant. Donc, il va me dire pourquoi je ne l’ai jamais connu ou pourquoi il est mort comme une merde peut-être ? Il va me dire qu’il m’aime comme son fils ou ce genre de connerie ? Pitié… ». Je ne veux pas en entendre davantage. Je refuse de l’écouter alors qu’il est sur le point de me dire quelque chose. Je n’ai même pas envie de savoir ce qu’il a à me dire. Et au vu de la situation, c’est même sans doute préférable parce que je sens la colère monter en moins, je sens que la situation m’échappe lourdement et que si ça continue, je vais perdre le contrôle. Et si je perds le contrôle… Je risque d’arracher la tête de cet humain, avec mes mains…
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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Mar 13 Jan 2015 - 19:02

Son attrait pour les fantômes, Tobias ne se l'était jamais expliqué. Peut-être était-ce justement parce qu'il n'en avait jamais pris conscience jusqu'à cette rencontre. Pourtant, cet intérêt était vraiment glauque. Un attrait pour les êtres humains morts n'était pas vraiment quelque chose qui se justifiait. Il ne voulait pas les voir en vie, il ne voulait pas non plus les faire revivre. Il ne désirait tuer personne pour le plonger dans cet état - cette pensée était si opposée à ses principes moraux qu'elle ne lui traverserait jamais. Enfin, il ne voulait pas en savoir plus sur l'au-delà ou les interroger. Et pourtant, les fantômes fascinaient Tobias. Cette forme de vie éthérée qui aurait dû disparaître et qui, pourtant, était là, et dont il était bien difficile de se débarrasser. Tobias était d'un naturel curieux qui avait toujours été très utile pour son travail d'enquêteur à Kingsbury. Il n'aimait pas se l'admettre, mais il avait un goût prononcé pour tout ce qui n'était pas rationnel. Les super-héros, d'une certaine manière, l'étaient. Rien de plus absurde que ces justiciers dépourvus de toute malice qui se servaient de pouvoirs tout aussi absurdes et visiblement créés pour les avantager pour combattre les méchants. Et rien de plus simpliste, d'ailleurs, mais c'est un autre sujet.
Tobias sous-estimait peut-être le danger de contrarier le wendigo. Il ne se rendait pas compte qu'il pouvait être très pénible lorsqu'il posait ses questions, ou faisait une demande dans le cadre de son travail. Il n'avait pas compris qu'il lui manquait peut-être une qualité essentielle à tout enquêteur : la modestie de son attitude. Ce n'était pas en prenant les autres de haut, ou dans certains cas en leur disant quoi faire, que Tobias allait se faire des amis parmi ceux qu'il interrogeait. Le contenu de ses paroles n'était pas fait pour l'aider : le wendigo n'appréciait pas du tout de rester et d'avoir une conversation avec celui qui était apparemment son père. Au départ, Tobias fut plus amusé qu'énervé : la façon dont le wendigo présentait ses paroles les faisait passer pour ridicules, alors que c'était loin d'être le cas. Ses raccourcis étaient tout simplement mauvais.

« Le seul problème, c'est qu'il ne va pas vous lâcher tout de suite, alors si vous ne voulez pas coopérer, il restera de toute façon avec vous. Ça, monsieur, c'est ce qu'on appelle un compromis, et parfois, il peut être utile d'en faire. »

Tout cela était vraiment amusant pour Tobias : la façon dont il avait parlé de compromis lui semblait être un juste retour des choses. Après tout, si le wendigo voulait jouer au plus malin, Tobias était prêt à entrer dans le jeu. Et il était le fort, le douanier, dans ce domaine. Il l'avait fait avec tant de délinquants désirant illégalement entrer aux États-Unis que ce genre de sarcasme venait parfois trop naturellement. Dans ces cas-là, Tobias ne recherchait pas le compromis : il voulait respecter la loi et n'hésitait pas à se montrer dur avec ceux qui la malmenaient. Mais dans bien d'autres situations, il avait dû faire preuve de subtilité pour parvenir à ses fins. Les agents traquant les produits surnaturels jouaient toujours ce double jeu, et avec d'autant plus de brio que bon nombre de personnes arrêtées prétendaient ne rien connaître du surnaturel et se moquaient de crédules agents douaniers. Toutefois, les flux existaient bel et bien, réels ou contrefaits, et il fallait bien les charger. Ils n'existaient que pour répondre à une situation qui existait dans les faits. Or, avec un fantôme, les choses n'étaient pas vraiment différentes : on avait un fantôme, il fallait agir. Comprendre ce que voulait le fantôme pour le neutraliser - enfin, non, pas le neutraliser, dans ce cas-ci.
À mesure que la conversation avançait, en revanche, le wendigo s'énervait et s'entêtait à ne pas vouloir coopérer. Cet homme voulait le beurre et l'argent du beurre, et il aurait bien aimé que Tobias fît tout le travail à sa place. Les affaires de famille ne passionnaient pas Tobias : il était insensible à ceux de sa propre famille. Devoir se coltiner les problèmes des autres était donc au dessus de ses forces. Lui non plus n'aimaient pas les phrases convenues que le fantôme ne manquerait pas de prononcer. Tobias était cependant persuadé que la conversation ne serait pas aussi mièvre que ce que le wendigo penserait : ce dernier n'était pas vraiment le genre d'homme que l'on imaginait avoir des conversations calmes.
L'énervement monta donc en Tobias, qui se sentit prêt à tout abandonner et à partir loin de là pour se calmer. Il avait énormément de mal à traiter avec les personnes aussi butées et ne voulait pas perdre son temps à essayer de faire comprendre à cette tête brûlée tout l'intérêt de la démarche qu'il proposait. Il ne voyait d'ailleurs pas ce qui le retenait de le faire : le wendigo ne comprenait rien à rien. La subtilité était loin d'être son point fort. Mais contrairement au wendigo, qui pouvait attaquer s'il se sentait énervé, Tobias préférait la fuite. Il savait bien sûr immobiliser les personnes dangereuses qu'il arrêtait à la douane, mais depuis qu'il était à Kingsbury, il ne faisait plus usage de ce talent. Tobias avait bien retenu que les habitants étaient si dangereux qu'il valait mieux éviter de les contrarier. De toute façon, il devait garder profil bas et ne pas montrer tout ce qu'être un enquêteur signifiait. Heureusement, son sens du devoir l'habitait encore et lui conseillait la bonne marche à suivre, sans quoi il aurait pu lui aussi foncer dans le tas.
Sans se remettre en question une seule seconde, Tobias commença à son tour à manifester son énervement :

« Parce que vous croyez que vos petites affaires de famille m'intéressent ? Non, moi, tout ce que je veux, c'est un fantôme à interroger, alors soit vous lui demandez de me suivre, soit vous préférez vous le coltiner à vie et on en arrête là avant que les choses ne se compliquent. Parce que je n'ai pas tout mon temps non plus, et j'ai d'autres choses à faire plus intéressantes que de parler à des wendigos récalcitrants. »

Ces paroles lui avaient permis de se calmer un peu. Elles n'étaient peut-être pas les plus prudentes du monde, mais elles lui faisaient du bien. Tobias n'aimait pas qu'on lui résistât pendant qu'il menait des interrogatoires. Le suspect se devait de lui donner les réponses qu'il souhaitait dans le plus bref délai, sans se poser de question. Après tout, c'était lui qui représentait l'autorité, et donc le pouvoir. Il n'y avait aucune raison pour que la force ou l'intelligence pût avoir raison de ce principe. Toutefois, Tobias avait encore une once de jugeote et jugea préférable de se préparer à prendre la poudre d'escampette si le wendigo montrait un signe d'agressivité envers lui. Simple question de prudence, évidemment.
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MessageSujet: Re: Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)
Lun 2 Fév 2015 - 18:47

Il ne va pas me lâcher. Et bien ça, j’avais bien vite fini par le comprendre. De là à dire que cela me plaît… J’irais jusqu’à me couper la jambe pour qu’il accepte de me foutre la paix. Je ne veux pas avoir mon père dans mes pattes, je n’ai pas l’humeur pour ça. Ce mec ne se rend pas compte que c’est à cause de lui que je suis comme je suis ? il est encore plus con que je ne le pensais. Pourtant, il semble savoir ce que je suis et c’est ce qui me dérange le plus. Il parle de compromis alors que j’ai uniquement envie de disparaître. Peut-on me le reprocher ? Je ne peux en douter. Je suis tel que je suis. Et là, tout de suite, je suis surtout irrité. Je n’ai absolument pas envie de parler avec ce garçon qui semble penser qu’il faut mieux que moi. Je ne suis absolument pas en état de me calmer et je n’en ai même pas l’envie. J’ai juste envie de m’énerver, juste envie de me montrer détestable. Je doute que l’on puisse me le reprocher. Cela ne fonctionne pas ainsi. « Je suis heureux de l’entendre ». L’ironie semblait me coller à la peau mais il n’avait pas tort. En restant buté, mon père continuerait de me suivre, une chose qui me déplaît vraiment beaucoup. Et si je peux éviter de le voir pour le reste de ma vie, j’imagine que ce sera cent fois mieux. Alors que cela me plaise ou non, je vais devoir écouter ce crétin.

Après, oui, peut-être que je suis un peu trop buté pour entendre raison, et cela ne plaide pas plus ma cause que le reste. Pour autant, je suis persuadé que si le fantôme est apparu, il finira par disparaître et au vu de sa façon de me parler, ce con devra chercher un autre fantôme. J’en viens à me dire que le garder à vie ne me dérangerait pas tant que ça. Mais en même temps, si, lourdement. Du coup, j’attends doucement qu’il ait fini sa longue tirade inutile, avant de m’enflammer à nouveau. J’inspire un grand coup, tentant de me reprendre mais cela ne semble pas être si simple. Je perds mes mots, ainsi que mon calme mais je ne dois surtout pas perdre le contrôle. La bête en moi n’attend que ça, et je sais que tuer n’est pas vraiment bon pour le moral. Je l’ai déjà fait, et je sais qu’il est préférable de ne pas le faire. Malgré la sérénité que je ressens à chaque fois, ensuite. Mais les choses sont ainsi et il n’y a rien à ajouter à tout ça. Que cela me plaise ou non, d’ailleurs. Mais je ne me sens pas forcément très à l’aise avec tout ça. J’étouffe, si je peux vraiment le dire ainsi. « Récalcitrant… Etes-vous conscient que si je le voulais, je pourrais vous arracher la tête ? ». Mon regard ne quitte plus le sien et pourtant, je tente de reprendre mon calme. Je ne peux pas m’emporter maintenant, pas contre lui alors qu’il ne sert à rien de lui en mettre plein la tête. Cela ne peut que m’amener des raisons de partir. Et je ne suis pas prêt pour ça. Je refuse de prendre le large alors que je me sens bien ici. Il peut se calmer, si c’est ce qu’il veut, il peut faire ce qu’il veut et si me hurler dessus l’aide à se ressaisir, très bien, mais je me moque pas mal de savoir de quoi il est question. S’il n’est pas foutu de rester calme, je peux difficilement lui donner un coup de main. Et ce n’est absolument plus ce que je veux. Je m’ennuie. Et j’ai faim. La colère me donne faim. « Demandez un autre abruti. Je vais partir, et je pense que c’est mieux pour nous deux. ». Je décide donc de partir, sans même demander mon reste. Et si l’idée lui prend de me retenir, qu’il le fasse. Je prendrais un plaisir malsain à le dévorer. Non que l’idée me déplaise vraiment, mais je n’ai pas fait tout ce chemin pour craquer sur une vulgaire pulsion.

Le fantôme me suit de près bien sûr, alors que j’aurais tout donné pour qu’il reste avec l’autre crétin. Mais je ne suis pas prêt à passer plus de temps avec lui. Si je le tue, cela ne changera rien et il ne m’aidera pas. Alors que s’il demande à quelqu’un d’autre, la situation réussira à reprendre une route correcte, j’en suis convaincu. Alors je préfère le laisser à son truc, et je préfère, par la même occasion, ne pas m’attarder sur cette histoire. Je ne me sens pas très bien, de toute manière, et il est préférable pour moi de rentrer au plus vite.

[JAMES EST PARTI. FIN DU TOPIC]
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Le jour des fantômes (intrigue 2 - pv. James)

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